Callie’s Heroine Journey

Un retour d’expérience sur mon parcours professionnel et créatif de comédienne voix off, à travers une interview pour The Heroine’s Journey.

Pissenlit au coucher du soleil, image symbolique d’un chemin de vie
Pissenlit au coucher du soleil, image symbolique d’un chemin de vie

À l’origine de cet article, il y a une interview proposée par Peter de Kuster, dans le cadre du projet The Heroine’s Journey. Peter de Kuster est consultant et auteur, spécialisé dans le storytelling appliqué aux parcours professionnels et créatifs. À travers The Heroine’s Journey et son pendant The Hero’s Journey, il invite des personnes du monde entier à raconter leur passion, leur métier, leur histoire.

La version originale, en anglais, est disponible sur le blog The Heroine’s Journey. J’ai décidé de publier une version en français ici, afin de rendre cet échange accessible au plus grand nombre.

Raconter son parcours n’est jamais un exercice anodin. Il existe souvent un écart entre ce que l’on traverse, ce que l’on comprend avec le recul, et ce que l’on parvient, ou ose, formuler.

L’exercice m’a invitée à faire le point sur mon parcours professionnel et créatif, avec ses détours et ses hésitations. Ça m’a poussée à mettre en mots ce qui, le plus souvent, reste implicite : les choix, les valeurs, les tensions, et ce qui fait sens pour moi au quotidien.

Cet article est aussi l’occasion d’évoquer des personnes et des structures qui m’inspirent profondément.

Des professionnels et des entreprises pour lesquels j’ai beaucoup de respect et d’admiration, et avec lesquels j’aimerais avoir la chance, un jour, de collaborer. Parce que nos trajectoires se construisent aussi à travers les rencontres, les résonances, et les voix que l’on choisit d’écouter.

Pour finir, c’est également l’occasion de remercier Peter de Kuster pour cette invitation et pour l’espace qu’il propose : un cadre simple, qui laisse la place aux histoires telles qu’elles sont, en cours, imparfaites, vivantes.

Qu’est-ce que j’aime le plus dans mon travail ?

J’aime profondément l’idée de participer à quelque chose de plus grand que moi, de prêter ma voix à des messages qui relient, qui transmettent et qui résonnent.

Aujourd’hui, je finalise mon showreel, avec l’envie très forte de construire un portfolio qui me ressemble vraiment.

Je prends énormément de plaisir à imaginer des projets originaux que je crée de A à Z : écrire le script, définir une direction artistique, enregistrer, façonner le son, donner vie à l’ensemble.

Créer ainsi me permet d’exprimer pleinement ma créativité et de laisser une vraie empreinte personnelle dans ce que je produis.

Ce que j’aime aussi profondément, c’est la diversité de mon métier et des formats que je pratique : publicité, narration documentaire, fiction sonore, jeu vidéo, corporate, et plus encore.

Chaque format m’invite à une énergie et une intention différentes, convaincre, expliquer, narrer, émouvoir, et c’est ce jeu permanent qui me stimule.

Autodidacte, je m’inscris avec enthousiasme dans une démarche de formation continue, en technique vocale, en interprétation, en son et en création visuelle, pour pouvoir mener mes projets de bout en bout.

Être voix off freelance, c’est être solopreneure, et cette polyvalence entre création, technique et gestion fait pleinement partie de ce qui me passionne au quotidien.

Quelle est ma définition du bonheur ?

Pour moi, le bonheur est un équilibre vivant entre l’amour, la santé et la liberté intérieure. C’est me sentir en sécurité avec ceux que j’aime, tout en restant fidèle à qui je suis. C’est avoir un quotidien dans lequel je peux créer, apprendre et sentir que je progresse.

Quelle est ma plus grande peur ?

Ma plus grande peur, c’est de me laisser freiner par le doute et la peur du jugement. C’est de ne pas oser, et de regretter plus tard de ne pas avoir essayé pleinement.


Quel est le trait de personnalité que je regrette le plus chez moi ?

Je crois que c’est mon perfectionnisme. Ma pensée va très vite, j’ai beaucoup d’idées, et j’ai tendance à vouloir peaufiner au maximum ce que je produis avant de livrer.

Avec le temps, j’essaye de transformer cette exigence en force, je porte une attention toute particulière au sens, aux détails et à la qualité de mes productions.

Quelles sont les personnes vivantes de mon milieu professionnel que j’admire le plus ?

Oula… question difficile. Je pourrais vous faire une liste longue comme le bras, mais je vais essayer d’être raisonnable.

J’admire avant tout des artistes dont la voix traverse le temps avec justesse, générosité et sincérité, comme Françoise Cadol et Estelle Hubert, dont le travail m’accompagne depuis longtemps.

Pierre Maubouché est pour moi une référence incontournable parmi les voix masculines françaises, de par la richesse de son parcours, la diversité de ses projets et la force de son empreinte vocale.

J’ai également une grande admiration pour les professionnels auprès desquels j’ai eu la chance de me former, Nathalie Caso, Justine Hostekint, Élise Gamet, Hyppolite Audouy, Bertrand Cordonnier (formateurs à L'École de la Voix) et Alexandre Donders (IMDA), tous profondément investis dans leur métier et dans la transmission de leur expertise.

Mais mon gros coup de cœur professionnel c’est Laurent Pasquier, que je trouve profondément inspirant : son talent, son énergie, sa polyvalence et son rapport très incarné à tout ce qu’il fait me fascine.

Côté doublage, des interprètes comme Richard Darbois, Adeline Chetail, Anatole de Bodinat, Alexis Victor ou encore Maïk Darah m’impressionnent par leur finesse et leur sens du jeu. Et il y a des grains de voix qui me touchent particulièrement, notamment ceux de Barbara Delsol, Élisabeth Ventura, Sandra Valentin.

J’ai aussi énormément de plaisir à retrouver les voix de Yoann Sover, Constantin Pappas, Kelly Marot, Céline Monsarrat, Jessica Monceau ou Jean-Pierre Michaël, qui incarnent tous, avec beaucoup de justesse, des rôles souvent très différents.

Qu’est-ce que j’aime le moins dans mon travail ?

Ce que j’aime le moins dans mon travail, c’est son aspect instable et souvent invisible, tout ce qui se joue en coulisses.

La prospection, l’attente de réponses ou les silences peuvent parfois être éprouvants ou frustrants.

Aujourd’hui, dans un contexte où l’on cherche souvent à réduire les coûts, le travail des comédiens voix off est parfois sous-estimé.

Derrière une prestation, il y a pourtant une réalité bien plus large : du temps de préparation, des heures en studio, du matériel, de la formation continue, mais aussi les charges et responsabilités propres au travail indépendant.

Faire reconnaître des tarifs justes reste donc un véritable enjeu, alors qu’il s’agit simplement de pouvoir exercer ce métier avec sérieux, respect et dans des conditions durables.

Quand et où ai-je été la plus heureuse dans mon travail ?

Aujourd’hui, dans le cocon qu’est mon home studio, je construis mon parcours pas à pas. Je ne vois pas le bonheur comme une destination à atteindre, mais comme un chemin à parcourir. J’accorde beaucoup d’importance aux petites victoires : un premier projet finalisé, un premier contrat signé, ou encore la mise en ligne de mon site internet.

Créer ce site a été un vrai travail en soi : ce n’est pas “compliqué” au sens technique, mais c’est un métier, qui n'est pas le mien, et qui demande de gérer beaucoup d’aspects différents et de mobiliser de nombreuses compétences. J’y ai consacré beaucoup de temps et d’énergie, et je suis sincèrement fière du résultat.

Chacune de ces étapes compte, parce qu’elles racontent une progression concrète et donnent du sens au chemin parcouru.

Si je pouvais changer une chose chez moi, ce serait quoi ?

J’aimerais apprendre à mieux écouter mon corps lorsque je travaille.

Je peux facilement perdre la notion du temps, au point d’en oublier de boire ou de manger. Prendre davantage soin de moi au quotidien est un équilibre que je cherche encore à consolider.

Quelle est ma plus grande réussite professionnelle ?

Avoir eu le courage de me lancer et de changer de voie. Choisir un métier passion, suivre ce qui faisait profondément sens pour moi, malgré les doutes et les peurs.


Aujourd’hui, j’exerce un métier qui me ressemble, et j’ai la chance d’interagir avec des personnes que j’admirais et suivais de loin depuis de nombreuses années, ce qui reste pour moi une immense source de fierté et de gratitude.

Où aimerais-je le plus vivre ?

En Espagne.

J’y suis attirée par la chaleur, le soleil et surtout la proximité de la mer, sans doute un écho à mes origines bretonnes.

Les sonorités de la langue, la richesse du patrimoine culturel et cette douceur de vivre si particulière résonnent profondément avec moi.


Quel est mon bien le plus précieux ?

Un bijou hérité. Mon grand-père, à l'occasion de leur noces d’or, a offert à ma grand-mère un magnifique pendentif que je chérie et porte tous les jours en souvenir d’eux et de leur amour.



Quelle est la caractéristique qui me définit le plus ?

Mon regard, au double sens du terme.

Il y a d’abord mon regard bleu-vert, souvent perçu comme atypique et qui est sans doute ce que l’on retient le plus facilement de moi.

Mais il y a aussi mon regard intérieur : ma façon de voir, de comprendre et d’interpréter le monde, et d’y participer.

C’est un point de vue que l’on qualifie souvent de singulier dans mon entourage, nourri par l’imagination, la sensibilité et une pensée différente, qui façonnent ce que je crée et la manière dont je l’amène au monde.


Quel est l’endroit le plus inspirant pour moi dans ma ville ?

Je vis aujourd’hui à la campagne, dans un petit village, après avoir traversé plusieurs villes au fil de ma vie étudiante.

Saint-Pol-de-Léon, en Bretagne, est la ville où j’ai grandi, au bord de la mer. Il y a là-bas un lieu qui m’habite profondément : l’îlot Sainte-Anne, une presqu’île verdoyante entre parc, plages et horizon ouvert.

J’y vais quand tout va bien, quand j’ai de l’élan et que le soleil brille, mais aussi lorsque je vais moins bien, car la mer a toujours su me réconforter.

J’y ai vécu des moments de joie, observé des tempêtes, fait la fête, et surtout accumulé une multitude de souvenirs.

Être là-bas, c’est retrouver des fragments de moi-même, et sentir la présence des êtres chers à travers les lieux.

Quel est mon endroit préféré pour manger et boire dans ma ville ?

J’ai vécu plusieurs années à Brest, et j’adorais aller manger chez Marcelle & Morris, un bistrot-burger situé sur le port de commerce.

C’était un lieu chaleureux, convivial, avec une vraie atmosphère.

Quels livres ont influencé ma vie, et comment ?

J’ai été profondément marquée par les œuvres de Pierre Bottero, en particulier La Saga d’Ewilan (Quête & Mondes), Le Pacte des Marchombres et L’Autre.

Ces récits partagent une même vision : des personnages en décalage avec leur monde d’origine, appelés à se découvrir, à comprendre qui ils sont et quelle est leur place, à travers des quêtes qui mêlent intimement identité personnelle et responsabilité collective.

L’univers de Bottero explore avec une grande finesse la sensibilité, l’imaginaire et l’intériorité, non comme des fragilités, mais comme des forces profondes, capables de transformer le réel. La différence y est toujours porteuse de sens, et les trajectoires individuelles s’inscrivent dans des enjeux plus vastes qui dépassent largement les personnages eux-mêmes.

D’autres œuvres m’ont marquée pour leur portée plus sociale et politique, comme Les Liaisons dangereuses et L’École des femmes, qui montrent comment le langage peut devenir un instrument de pouvoir plutôt que de vérité, et interrogent les mécanismes de contrôle et les masques sociaux.

À l’adolescence, Trois mètres au-dessus du ciel a été un véritable coup de cœur : un récit intense qui m’a fait vibrer et questionner l’amour, la passion et les choix que l’on fait quand tout semble absolu. Plus tard, L’Amie prodigieuse m’a marquée par sa manière d’explorer les liens relationnels, les choix moraux et la construction de soi sur le temps long.

Parmi les lectures plus contemporaines, Neurotribus me semble être un ouvrage important, qui mériterait d’être lu par le plus grand nombre, pour mieux se comprendre les uns les autres et reconnaître que la neurodiversité n’est ni une pathologie ni une anomalie, mais une variation humaine.

Et avec le recul, je trouve assez amusant de constater que mon tout premier coup de cœur littéraire, Elmer l’éléphant, parlait déjà, avec beaucoup de simplicité, de différence, d’identité et de place dans le monde.

On ne meurt qu’une fois. Quelle musique écouterais-je lors de mon dernier jour ?

Now we are Free, par Lisa Gerrard · Gavin Greenaway · The Lyndhurst Orchestra Gladiator.

J’ai été transportée d’émotion dès la première écoute. J’avais 8 ou 9 ans, mon beau-père était un fan absolu du film Gladiator. Elle me chamboule toujours autant.

Qui est mon héros ou mon héroïne de fiction ?

Quand j’ai découvert Camille, elle m’a immédiatement subjuguée ; il y a eu une connexion instinctive. Son parcours repose sur une dualité fondatrice : Camille découvre progressivement qu’elle est Ewilan et qu’elle vient d’un autre monde, donnant enfin sens au décalage et au sentiment de non-appartenance qu’elle a toujours ressentis.

Cette révélation ouvre une quête fondatrice, qui en contient plusieurs autres : une quête de réponses dans un monde inconnu, mais aussi une quête identitaire, à la fois liée à ses origines et à la découverte intime de qui elle est réellement. À cette recherche s’ajoute une responsabilité immense, celle de porter sur ses épaules le destin d’un empire.

Ce qui rend ce personnage si fort, pour moi, c’est sa personnalité, son intelligence et sa sensibilité. Sa trajectoire n’est pas celle d’une affirmation immédiate, mais d’une transformation progressive : elle traverse des épreuves qui la fragilisent autant qu’elles la construisent. Sa quête initiatique est aussi belle que douloureuse ; les obstacles qu’elle rencontre l’abîment autant qu’ils la façonnent et la révèlent.

Camille incarne un potentiel qui ne peut éclore qu’en s’affranchissant d’un cadre trop étroit, révélant combien certaines qualités restent invisibles tant que le contexte ne leur laisse pas la place d’exister. Sa puissance naît du chemin parcouru, de la connaissance de soi forgée au fil de l’expérience, et du moment où elle s’autorise enfin à être pleinement elle-même.

Qui sont mes héros et héroïnes dans la vraie vie ?

Mes proches


Quel film recommanderais-je de voir au moins une fois dans sa vie ?

Raya et le Dernier Dragon m’a profondément marquée.

Très sensible à l’esthétique, j’ai été frappée par la beauté visuelle du film, par la finesse de sa direction artistique et par la force évocatrice de ses environnements.

Au-delà de sa beauté visuelle, ce sont surtout les personnages et les thématiques profondément humaines qui m’ont marquée. Raya est une héroïne portée par la détermination, la solitude et la culpabilité. Sisu, quant à elle, est lumineuse, drôle et naïve, et incarne une forme de courage douce, fondée sur la confiance et la générosité.

Le film aborde les blessures collectives, la difficulté de reconstruire le lien et la nécessité d’apprendre à faire confiance à nouveau. Il rappelle que la force ne réside pas toujours dans le contrôle ou l’affrontement, mais parfois dans la coopération, la vulnérabilité et le lâcher-prise.

C’est une histoire qui me touche profondément, à la fois sur le plan humain et artistique, le doublage de Sisu par Géraldine Nakache m'inspire beaucoup.

Quel rôle les histoires jouent-elles dans ma vie et dans mon travail ?

Les histoires occupent une place centrale dans ma vie.

Elles m’accompagnent depuis l’enfance et m’aident à comprendre le monde, les autres et moi-même.

Elles permettent de mettre des mots sur des émotions, des expériences ou des questionnements parfois difficiles à formuler autrement.

Dans mon travail, elles sont un moteur essentiel : raconter, transmettre et faire ressentir est au cœur de ce que je fais.

Donner vie à une histoire par la voix, c’est créer un lien invisible mais puissant avec celles et ceux qui écoutent, et offrir un espace d’émotion, de réflexion ou de résonance.

Les histoires ont cette capacité unique de relier, de transformer et parfois même de réparer, et c’est précisément ce qui donne du sens à mon métier.

Que signifient pour moi les mots « Tu es le narrateur de ta propre vie » ?

Cette phrase me parle profondément, presque littéralement, puisque je suis narratrice de métier.

Mais au-delà de l’image, c’est précisément mon travail qui m’a permis de prendre conscience que j’ai un véritable pouvoir sur ma vie et sur mon histoire.

Être narratrice, c’est comprendre que le point de vue compte, que la manière dont on raconte change le sens, la portée et parfois même l’issue d’un récit.

Cette prise de conscience m’a aidée à reprendre la main sur mon propre parcours, à faire des choix plus conscients et à m’autoriser à écrire une histoire qui me ressemble.


Qui est mon plus grand fan, mon soutien, mon complice ?

Mon amoureux, grâce à qui tout a commencé.

C’est moi qui voulais lui faire découvrir les romans de Pierre Bottero, mais la lecture en français étant trop éprouvante pour lui, il m’a demandé si je pouvais lui lire les textes à voix haute.

Je l’ai fait, il a adoré, et de fil en aiguille, cela l’a amené à écouter énormément de livres audio. En découvrant que certaines plateformes recherchaient des narrateurs, c’est lui qui m’a dit : « Fonce. »

Avec quelles personnes ou entreprises aimerais-je travailler ?

Blynd pour participer à des fictions sonores immersives qui laissent toute la place à l'émotion et l’imaginaire. Le studio Anatole, France Culture, ARTE Radio, studio Radio France ou La Maison de la Radio et de la Musique font partie des environnements dans lesquels je me projette naturellement.

Côté jeu vidéo, Sandfall Interactive est une référence évidente pour moi ; Clair Obscur : Expédition 33 est, à mes yeux, un projet d’une grande envergure artistique, beau, intelligent, narrativement puissant et musicalement bouleversant, et j’aimerais énormément pouvoir contribuer un jour à un univers de cette qualité. Collaborer avec Riot Games serait un vrai rêve de gameuse et de comédienne, donner vie à un champion en version française.

Enfin, j’ai découvert Maison Francis Kurkdjian à travers son exposition Parfum, sculpture de l’invisible ; son approche du parfum comme expérience artistique et sensorielle m’a profondément parlé, l’idée de faire dialoguer ma voix avec l’univers sensible et poétique de cette maison me plairait beaucoup.

Sur quel projet ai-je le plus hâte de travailler ?

Le projet sur lequel j’ai le plus hâte de travailler est un projet qui aura un impact réel. Je ne sais pas encore s’il prendra la forme d’un projet lié à la santé, à la prévention, à la transmission ou à la création, mais j’aimerais qu’il fasse une vraie différence pour quelqu’un. Un projet qui touche, qui aide, qui éclaire, même à une petite échelle, et dont on peut se dire qu’il a compté.

Que signifient pour moi les mots « Passion Never Retires » ?

« Passion Never Retires » signifie pour moi que la passion ne s’éteint jamais vraiment. Elle peut sembler assoupie, comme une flamme réduite à des braises, mais il suffit parfois d’un souffle, d’une rencontre, d’une émotion ou d’un projet pour qu’elle se ravive. Elle se nourrit de tout ce que l’on absorbe, images, sons, odeurs, sensations, elle circule, se transforme et se transmet. La passion des uns en rallume d’autres, dans un mouvement vivant de partage et d’inspiration.

J’ai toujours été animée par une passion profonde pour la voix, présente depuis l’enfance, même si mon parcours m’a menée vers des expériences diverses. Aujourd’hui, revenir à cette passion et en faire mon métier donne tout son sens à cette phrase : ce qui nous anime vraiment finit toujours par nous rattraper, et continue de grandir tant qu’on l’entretient.

Quels professionnels créatifs Peter devrait-il inviter à raconter leur histoire ?

J’aimerais mettre en lumière des artistes, des professionnels de la création dont le travail m’inspire profondément, et qui portent chacun une vision forte et singulière. Des personnes avec lesquelles j’ai déjà pu travailler, échanger, ou dont le parcours et la manière de créer résonnent particulièrement avec la mienne.

Je pense notamment à Alexandre Damiani, formateur en art oratoire, conférencier, metteur en scène spécialisé dans la mise en voix et comédien vocaliste, dont l’approche de la voix et de l’expression est à la fois ancrée, sensible et très inspirante.

À Juliette Dargand, musicienne, chanteuse, créatrice et narratrice du podcast de fiction sonore Rencontres Surnaturelles, pour la richesse de son univers et la force immersive de ses récits.

À Julien Chaudet, développeur de jeux vidéo et fondateur de Futurtech Studio, créatif polyvalent et passionné, avec une vision très incarnée de la narration interactive.

J’aimerais également citer Lorien Testard, compositeur de la bande originale du jeu vidéo Clair Obscur: Expédition 33, dont le travail musical est d’une grande sensibilité et joue un rôle narratif essentiel, et Slimane Yefsah, comédien à la présence forte et sensible, qui a prêté sa voix au personnage de Verso dans ce chef d’oeuvre multi-récompensé.

Ainsi qu’Enora Hope, artiste autodidacte du cinéma actuel, réalisatrice indépendante, qui a également endossé les rôles d’actrice et de productrice pour porter ses projets, et a développé une approche cinématographique à la fois artisanale, libre et engagée. Son parcours témoigne de sa grande polyvalence et d’un talent que je trouve profondément inspirant.

Du côté de la voix et de la musique, j’aimerais mentionner Kaycie Chase et Alexiane Broque, toutes deux comédiennes et chanteuses aux identités artistiques très affirmées, ainsi que Dorothée Pousséo, dont j’admire le travail depuis de nombreuses années.

Enfin, comme clin d’œil international, Maya Hawke me semblerait être un profil intéressant à inviter, pour la manière dont son parcours relie le jeu d’acteur, la musique et une expression artistique personnelle très authentique.

Interview - Version française